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René-Louis BERCLAZ
 
Droits de l'homme - Démocratie

Deux "négationnistes" entrent au Panthéon

29/05/2016 11:10:46
 En date du 21 avril 1982, d’éminentes personnalités du monde de la Résistance, de la Déportation et de la recherche scientifique se mobilisèrent pour fonder à Paris une « Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste » (ASSAG). Cette association avait pour objectif de « rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l’utilisation de gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer des personnes de différentes nationalités et contribuer à la publication de ces éléments de preuve… » Une telle démarche n’était nullement incongrue, puisque l’article 19 du statut du Tribunal Militaire International (TMI) issu des Accords de Londres signés par les Alliés le 8 août 1945, statut qui constitue la base juridique du Tribunal de Nuremberg, stipule que : « Le Tribunal ne sera pas lié par les règles techniques relatives à l’administration des preuves (…). »
 
Par ailleurs, il est notoirement admis que ni les témoignages de complaisance ni les aveux obtenus sous la torture ne constituent des preuves recevables par la justice des Etats de droit dignes de ce nom. A cela, il convient de relever que les membres de l’ASSAG n’avaient pas, jusque-là, trouvés de preuves conformes aux « règles techniques » et, par conséquent, recevables selon les normes pénales internationales. A contrario, la fondation de ladite association n’aurait pas eu de raison d’être.
 
Parmi les membres de son Conseil d’administration, on pouvait relever les noms de Geneviève Anthonioz-De Gaulle (1920-2002), icône de la Résistance, déportée à Ravensbrück et nièce du Général, ainsi que Germaine Tillion (1907-2008), autre icône de la Résistance déportée à Ravensbrück. Toutes deux ont été décorées de la Grand-Croix de l’Ordre de la Légion d’Honneur et elles sont entrées au Panthéon le 27 mai 2015. Ces deux personnalités historiques ont publié leur témoignage de la déportation sous le titre La Traversée de la nuit, (Seuil, 1998) pour la première, et Ravensbrück (écrit à Verbier, Cahiers du Rhône, Neuchâtel, 1946) pour la seconde.
 
Ni Geneviève Anthonioz-De Gaulle ni Germaine Tillion ne font mention dans leurs écrits de « chambres à gaz homicides ».
Six ans après la fondation de l’ASSAG, lors de la troisième édition de son livre publié en 1988 chez Seuil, Germaine Tillion parle des chambres à gaz en général sans toutefois apporter le moindre élément probant à ce sujet. A côté de ces deux personnalités, on trouvait au sein du conseil d’administration de l’ASSAG Joseph Rovan, professeur de langue et de civilisation allemandes à l’Université de Paris ; Jean Gavard, inspecteur au ministère de l’Education nationale ; Jean-Louis Crémieux-Brilhac, directeur de la Documentation française ; Renée Aubry, chef de cabinet au ministère des Anciens Combattants ; Pierre Vidal-Naquet, professeur honoraire de l’Ecole pratique des Hautes Etudes, chercheur spécialiste de la Shoah ; Augustin Girard, directeur du département Etudes et Recherches du ministère de la Culture, Jacques Delarue, commissaire divisionnaire honoraire au ministère de l’Intérieur, Jean-Pierre Faye, écrivain, Bernard Jouanneau, avocat, conseiller juridique de la LICRA, Serge Choumoff, ingénieur, auteur d’un ouvrage sur la « chambre à gaz de Mauthausen », camp où il aurait été interné ; Georges Wellers, maître de recherches honoraires au CNRS et ancien déporté d’Auschwitz, auteur bien connu d’ouvrages sur Auschwitz et les allégations de gazages en général.
 
Jusqu’en 1982, aucune de ces sommités n’avaient, dans leurs publications ou ailleurs, apportés les preuves attendues de l’existence de chambres à gaz homicides, puisqu’elles jugèrent nécessaire de regrouper leurs compétences au sein de l’ASSAG pour tenter de trouver les preuves en question. Il était difficile à cette époque d’imaginer que ces éminentes personnalités puissent ne pas être en mesure d’atteindre rapidement leur objectif, à savoir rendre public les preuves de l’existence et du fonctionnement de chambres à gaz homicides sous le Troisième Reich.
Pourtant, de 1982 à 2008, année de sa disparition, l’ASSAG n’a rien publié de connu à ce sujet.
 
Afin d’en avoir le cœur net, un historien, Hervé Le Goff (1), a effectué une enquête minutieuse dont les résultats ont été publiés (sous le pseudonyme de Morvan Duhamel) dans les Ecrits de Paris (No 796, avril 2016).
 
Comme sœur Anne, Hervé Le Goff attendait la publication du résultat des recherches de l’ASSAG, mais il ne voyait rien venir. Quelques années après le décès de la centenaire Germaine Tillion, Hervé Le Goff envoya deux courriers au siège de l’ASSAG, place Pinel 7 à Paris. Le dernier courrier lui fut retourné avec la mention : « destinataire inconnu à cette adresse ».
 
Poursuivant son enquête, Hervé Le Goff découvrit qu’Anise Postel-Vinay, trésorière de l’ASSAG, était toujours de ce monde. Hervé Le Goff se saisit de sa plus belle plume pour lui demander des nouvelles de l’ASSAG et, surtout, « si elle avait publié le résultat de ses recherches sur les chambres à gaz et, dans l’affirmative, où je pourrais en prendre connaissance. »
 
Anise Postel-Vinay répondit en date du 24 février 2016, expliquant que « l’ASSAG était dissoute depuis plusieurs années, qu’elle avait été fondée lorsque le professeur Faurisson s’est mis à proclamer, dans les années 70, que les chambres à gaz allemandes n’avaient jamais existé, que l’ASSAG a participé aux luttes contre les révisionnistes en France (affaire Roques), en Suisse (affaire Paschoud) et au Canada (affaire Zündel) ».
Dans sa réponse, Anise Postel-Vinay ne disait mot des recherches effectuées par l’ASSAG sur les chambres à gaz homicides. Cette lacune incita Hervé Le Goff à écrire une deuxième lettre à l’ancienne trésorière de l’association.
 
Chère Madame,
Je vous remercie vivement de la lettre très détaillée que vous m’avez adressée en réponse à mon courrier. Mais j’ai beau la lire et la relire, je ne trouve rien qui corresponde à l’objectif visé par l’ASSAG et qui figure dans ses statuts, à savoir « rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l’utilisation de gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer des personnes de différentes nationalités et contribuer à la publication de ces éléments de preuve… ».
Or, c’est sur ce sujet-là que porte ma recherche. Et comme c’était la raison d’être de l’ASSAG, je pensais trouver dans le résultat des recherches de celle-ci les preuves ou éléments de preuves qui me manquent. Excusez-moi d’insister, mais peut-être pourriez-vous compléter votre lettre sur ce point ?
Veuillez agréer, chère Madame, l’expression de mes sentiments distingués.
 
Est-il nécessaire de préciser que cette nouvelle missive resta sans réponse ? Nullement découragé, Hervé Le Goff découvrit par la suite que les archives de l’ASSAG avaient été déposées auprès de la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) de Paris.
 
Ces cartons contenaient des livres et des coupures de presse en différentes langues, des dossiers relatifs aux publications de chercheurs révisionnistes, des procès-verbaux de séance, une abondante correspondance concernant des demandes de subventions, le plus souvent accordées par de dévoués et généreux donateurs, tant privés que publics… mais rien qui ne puisse correspondre à ce qui faisait la raison d’être de l’ASSAG.
 
Après avoir œuvré pendant plus de trente ans, malgré sa prestigieuse carte de visite, ses importants moyens financiers, ses relations, ses compétences et sa persévérance, l’ASSAG avait tout simplement échoué dans sa recherche de preuves.
 
A défaut de convaincre par la force de l’argument, il ne restait plus que l’argument de la force pour imposer une « vérité » historique à grand renfort de lois liberticides, de procès d’intention et d’arguties juridiques.
 
Dès lors, gare à ceux qui s’obstinent à poser la question légitime et élémentaire qui était la raison d’être de l’ASSAG.
 
Dans un arrêt du 22 mars 2000 (arrêt 6S.719/1999), le Tribunal fédéral suisse affirme de manière péremptoire : « Il est prouvé que sous le régime national-socialiste plusieurs millions de Juifs ont été tués, dont une partie importante par gazage. »
 
Dans un défi public lancé à la Cour suprême en date du 28 avril 2000 lors du procès de Gaston-Armand Amaudruz à Lausanne pour délit d’opinion, l’association Vérité et Justice considérait que la publication des preuves que prétend détenir le Tribunal fédéral était une obligation morale vis-à-vis des révisionnistes condamnés, et pour que l’opinion publique puisse comprendre le sens des sanctions infligées pour violation de la norme pénale antiraciste.
 
En date du 3 mai 2000, le Tribunal fédéral répondait ce qui suit : « Nous vous prions de prendre note que le Tribunal fédéral, selon une pratique constante, ne commente pas ses propres arrêts. »
 
Si le Tribunal fédéral avait été en mesure de fournir les preuves en question, il n’aurait certes pas attendu un défi public pour les communiquer urbi et orbi afin de clore définitivement tout débat à ce sujet. La pitoyable réplique du Tribunal fédéral est à la mesure de son incapacité à répondre à une question pertinente et prouve surtout sa parfaite mauvaise foi.
 
Dans son arrêt du 17 février 1995 (arrêt 121 IV 76), concernant la cause Paschoud contre Stamm, le Tribunal fédéral affirmait notamment :
« L’exigence de la plaignante d’une preuve unique pour l’existence des chambres à gaz dans le Troisième Reich est absurde en regard des nombreuses preuves disponibles et revient à nier les chambres à gaz et, du même coup, les camps de concentration installés spécialement pour le gazage des Juifs et aussi une partie essentielle de l’Holocauste.
En exigeant une preuve unique de l’existence de chambres à gaz dans le Troisième Reich la plaignante conteste le crime majeur du national-socialisme, à savoir le gazage systématique de Juifs dans des chambres à gaz, ce qui différencie ce régime d’autres régimes de terreur. »
 
Toujours selon un Tribunal fédéral à la science infuse, l’ASSAG faisait œuvre superfétatoire tandis que Geneviève Anthonioz-De Gaulle et Germaine Tillion, en recherchant obstinément la preuve de l’existence des chambres à gaz sous le Troisième Reich, se livraient à une démarche forcément « absurde en regard des nombreuses preuves disponibles et revient à nier les chambres à gaz… ».
 
Il y aurait donc, selon le Tribunal fédéral suisse, deux « négationnistes » au Panthéon…
 
 
1) Hervé Le Goff, Les Grands mensonges de l’Histoire, 1982 et Les Grands trucages de l’Histoire, 1983 (Ed. J. Grancher)
 
Publié par René-Louis BERCLAZ •   Ajouter un commentaire  0 commentaires





 
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Publié par Jean-Jacques LANGENDORF •  Ajouter un commentaire  1 commentaires
 
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Quand la Vérité n'est pas libre, la Liberté n'est pas vraie

Selon l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme, adoptée à Paris par l’Assemblée générale des Nations Unies en date du 10 décembre 1948 :

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Lors de la 102e session du Comité des Droits de l’homme qui s’est tenue à Genève du 11 au 29 juillet 2011, l’article 19 de la Déclaration universelle des Droits de l’homme a été amendé par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (Observation No 34).

Ce Pacte a valeur contraignante pour les Etats parties. La Confédération helvétique n’a pas formulé de réserve concernant le paragraphe 49.

« 49. Les lois qui criminalisent l’expression d’opinions concernant des faits historiques sont incompatibles avec les obligations que le Pacte impose aux Etats parties en ce qui concerne le respect de la liberté d’opinion et de la liberté d’expression.
Le Pacte ne permet pas les interdictions générales de l’expression d’une opinion erronée ou d’une interprétation incorrecte d’événements du passé. Des restrictions ne devraient jamais être imposées à la liberté d’opinion et, en ce qui concerne la liberté d’expression, les restrictions ne devraient pas aller au-delà de ce qui est permis par le paragraphe 3 ou exigé par l’article 20. »

L’article 261 bis du Code pénal suisse (loi dite antiraciste) est entré en vigueur en date du 1er janvier 1995. Le paragraphe 4 vise celui qui :

« (…) niera, minimisera grossièrement ou cherchera à justifier un génocide ou d’autres crimes contre l’humanité. »

Ce paragraphe a été interprété et appliqué sans mesure de manière à criminaliser des opinions non conformes à la version obligée de l’Histoire. Cette loi-bâillon a introduit dans l’espace de liberté qu’a toujours symbolisé notre Confédération une entrave à la liberté d’expression, telle qu’elle se trouve pourtant garantie par l’article 16 de la Constitution fédérale.

CONCLUSION : le paragraphe 4 de l’article 261 bis est manifestement incompatible avec le paragraphe 49 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Dont acte !

La Sentinelle du Continent est là pour veiller à l'application de ce Pacte afin qu'il ne reste pas lettre morte.

Les atteintes à la liberté d'expression qui seront portées à sa connaissance  pourront faire l'objet d'une publication sur le site.

La Sentinelle du Continent se réserve le droit d'agir en justice, d'entente avec les personnes susceptibles d'avoir été  lésées dans l'exercice de leurs droits fondamentaux.

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